Dans la douceur de cette chaude soirée d’octobre 2017, une idée danse devant mes yeux qui caressent les pages des tableaux de Jean Dubuffet, celui qui rejette les canons de l’art, les idées reçues et l’Académisme : il dit : « danser est le fin mot de vivre et c’est par danser aussi soi-même qu’on peut connaître quoi que ce soit, il faut s’approcher en dansant. ». Alors, au soir de la création, deux danseuses chorégraphes contemporaines sorties de « DOCH Dance and Circus University of  Stockholm » nous rejoignent dans ce désir d’assemblage de danse de théâtre.

Elles dansent le rouge, subliment le jaune, tombent dans un noir, tourbillonnent en vert, crient le bleu, s’étalent en graffiti, comme les personnages de Jean Dubuffet, sorte d’esquisses chorégraphiques brutes spontanées – nées d’un sentiment, d’une histoire qui se chuchote dans le pli de la nuit quand l’esprit décampe comme un idiot, devant les rafales de fantasmagories, où l’on croit entendre dans ces murmures de théâtre, une fable, intime comme une pièce de Tchekhov, ou comme une mélodie.